De petites oreilles, un museau qui fouille partout… et une question à régler avant de craquer : ces souris sont-elles vraiment prêtes à quitter leur mère ? Adopter de jeunes souris sevrées n’a rien à voir avec recueillir des nouveau-nés orphelins. Dans le second cas, il faut un accompagnement vétérinaire ou spécialisé, pas une recette de biberon trouvée en ligne.
Pour une première adoption, choisissez des animaux autonomes, dont l’âge et le sexe sont connus. Le plus beau panier ne rattrapera ni un sevrage trop précoce ni une cohabitation mal préparée.

Avant de repartir avec les souris
Demandez la date de naissance, ce qu’elles mangent, leur groupe actuel et les éventuels soins reçus. Blue Cross recommande de ne pas les placer avant cinq semaines et rappelle que les femelles peuvent déjà devenir fécondes très jeunes. Un « elles sont encore petites, on verra plus tard » n’est donc pas une réponse suffisante au sujet du sexe.
Observez-les sans les réveiller brutalement. Une souris qui respire difficilement, reste prostrée, présente des yeux collés ou une blessure doit être examinée. Ne repartez pas avec l’idée de régler seul un problème visible à coups de vitamines.
Une association peut aussi proposer un groupe déjà constitué et expliquer son caractère. C’est précieux : vous accueillez des individus, pas simplement un nombre de souris à répartir dans une cage.
Le groupe compte autant que l’habitat
Des femelles compatibles vivent généralement en groupe. Les mâles demandent une vigilance particulière : des inconnus peuvent se battre sérieusement, et deux jeunes qui se tolèrent aujourd’hui ne garantissent pas une entente durable. Faites valider l’organisation par une association expérimentée ou un vétérinaire connaissant les petits mammifères.
Ne mélangez pas mâles et femelles fertiles. N’ajoutez pas non plus une nouvelle souris au milieu d’un groupe pour « lui faire une copine » sans préparation. La RSPCA insiste sur la stabilité des groupes et leur compatibilité. Les rats et les autres espèces doivent disposer d’un habitat séparé.
Préparer un espace qui résiste aux exploratrices
Vérifiez les fermetures et l’écartement des barreaux avec le vendeur ou l’association : une jeune souris passe dans des ouvertures étonnamment petites. L’habitat doit être bien ventilé, suffisamment spacieux pour explorer, avec des cachettes, des matériaux de nidification adaptés et une litière peu poussiéreuse.
Placez-le hors du soleil direct, des courants d’air et de la portée du chat. Évitez la chambre si les bruits de roue et de fouille vous réveillent : les souris sont surtout actives quand la maison se calme.
Préparez plusieurs accès aux ressources pour limiter les conflits. Vérifiez que toutes savent boire au dispositif installé ; voir un biberon plein ne prouve pas que l’eau en sort. Pour choisir le matériel, notre guide pour évaluer une animalerie aide à poser des questions précises plutôt qu’à acheter un kit à l’aveugle.
Les premiers jours : observer avant de manipuler
- Installez le groupe avec sa nourriture habituelle et laissez-le découvrir les cachettes.
- Approchez à heure calme, parlez doucement et proposez la main sans poursuivre les animaux.
- Utilisez un petit tunnel ou un récipient adapté pour un déplacement nécessaire ; évitez de saisir une souris par la queue.
- Faites les premières manipulations près d’une surface sécurisée, jamais debout au-dessus du sol.
Avec un enfant, l’adulte reste responsable. Une souris qui s’échappe des mains n’est pas « méchante » : elle peut être surprise, mal tenue ou effrayée. Les séances courtes permettent d’arrêter avant que tout le monde s’agace.
Une routine facile à transmettre à la personne qui les garde
Notez la nourriture habituelle, les quantités convenues, les coordonnées vétérinaires et les habitudes du groupe. Chaque jour, contrôlez eau, alimentation, activité et absence de blessures. Retirez les zones souillées sans bouleverser constamment tout l’aménagement.
En cas de bagarre avec blessure, de respiration anormale ou d’abattement, demandez rapidement conseil. N’improvisez ni antibiotique ni alimentation à la seringue. Et si les animaux trouvés sont des souriceaux sauvages non sevrés, contactez un centre de sauvegarde ou un vétérinaire : ce guide d’adoption domestique ne correspond pas à leur situation.
