Voir son chien avaler une crotte donne envie de réagir très vite, parfois trop vite. Le poursuivre, crier ou tenter d’ouvrir sa gueule peut le pousser à avaler plus rapidement et créer un conflit. La réponse la plus utile consiste à limiter l’accès aux selles, récompenser le fait de s’en détourner et vérifier sa santé lorsque l’habitude apparaît ou s’intensifie.
Ce comportement s’appelle la coprophagie. Il peut concerner ses propres selles, celles d’un autre chien ou celles d’un chat. Le dégoût que nous ressentons ne permet pas, à lui seul, d’en déterminer la cause.

Pourquoi le fait-il ?
L’exploration, l’attrait de certaines selles et des habitudes apprises peuvent contribuer au comportement. Il existe aussi des causes médicales à rechercher selon le contexte. Une faim inhabituelle, un amaigrissement, une diarrhée ou des selles mal digérées sont des informations importantes pour le vétérinaire.
Une chienne qui nettoie ses nouveau-nés n’est pas dans la même situation qu’un adulte qui commence soudain à manger toutes les selles croisées. La fiche vétérinaire VCA sur la coprophagie détaille cette diversité de causes. Évitez donc le diagnostic automatique de « carence » et l’achat immédiat de compléments.
Le plan le plus pratique : empêcher l’accès
Dans le jardin
Accompagnez le chien lorsqu’il sort. Dès qu’il a terminé, invitez-le à vous rejoindre à quelques pas, récompensez-le puis ramassez. Préparez les sacs avant de sortir : chercher le rouleau pendant qu’il se retourne vers ses selles fait perdre l’occasion d’anticiper.
Avec plusieurs chiens
Surveillez les sorties et ramassez au fur et à mesure. Si l’un mange les selles de l’autre, des passages séparés peuvent simplifier temporairement l’organisation. N’enfermez pas tous les chiens ensemble dans un espace souillé en espérant que l’habitude disparaîtra.
Avec un chat
Placez la litière dans un espace accessible au chat mais pas au chien, sans rendre son accès difficile ou effrayant. Une barrière adaptée ou une ouverture pensée pour le chat peut être plus utile qu’un bac fermé dans lequel le chien arrive tout de même à passer la tête.

Apprendre à se détourner, loin des crottes d’abord
Travaillez une invitation simple à revenir vers vous avec des distractions faciles. Récompensez le mouvement de retour, puis augmentez progressivement la difficulté. Lors des sorties, utilisez la laisse pour éviter l’accès plutôt que pour donner une correction quand il a déjà saisi quelque chose.
Une récompense disponible dans votre poche vaut mieux qu’une promesse de biscuit une fois rentré. Le choix de vous suivre doit produire un résultat immédiat. Si le terrain est saturé de déjections, changez de chemin : ce n’est pas un bon lieu d’apprentissage.
Les remèdes maison et les poudres : prudence
Ananas, épices, sauces piquantes sur les selles ou additifs présentés comme miraculeux ne constituent pas un plan fiable. Certains produits peuvent irriter ou modifier inutilement la ration. Les compléments commerciaux ne corrigent pas une maladie et ne remplacent pas le ramassage.
Ne privez pas le chien de nourriture pour le « remettre dans le droit chemin ». Faites plutôt vérifier sa ration si vous avez un doute sur les quantités, sa courbe de poids ou son appétit.

Y a-t-il un risque pour sa santé ?
Les selles peuvent exposer à des agents infectieux ou parasitaires et à des substances ingérées par d’autres animaux. Gardez à jour le suivi vétérinaire et demandez quel contrôle parasitaire convient à son mode de vie. Une vermifugation au hasard après chaque incident n’est pas une stratégie à improviser.
Après ingestion, ne tentez pas de faire vomir le chien. Si des symptômes surviennent, contactez la clinique et précisez ce qu’il a pu avaler. Lavez-vous les mains après le ramassage et évitez qu’il lèche les visages.
Que noter si le problème persiste ?
Indiquez quelles selles l’attirent, depuis quand, à quels moments et avec quels autres changements. Si les accidents ont lieu dans la maison, consultez aussi notre guide sur le chien qui fait caca à l’intérieur. S’il ingère de nombreux éléments non alimentaires, signalez l’ensemble au vétérinaire plutôt que de traiter chaque habitude séparément.
Le progrès peut d’abord être très concret : moins d’occasions d’avaler, un retour plus facile vers vous, un jardin propre. Cette organisation compte davantage qu’une réprimande impressionnante mais sans effet durable.
